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    •  La généralisation des voitures sans chauffeur pourrait mettre fin aux accidents de la route, aux bouchons ou aux pics de pollution. Mais il reste plusieurs obstacles à leur mise en œuvre.

    • Par Edouard de Mareschal
    • Publié le 18/02/2014 à 12:15
La Google Car, le 14 mai 2012, à Washington.

Bientôt une voiture sans chauffeur? L’idée fait son chemin, et pourrait devenir réalité d’ici… 2020! C’est la promesse des principaux constructeurs automobiles mondiaux tels que Renault, Mercedes ou Volvo. Mais dans ce nouveau marché, elles sont concurrencées par les grandes entreprises technologiques. La Google Car fait déjà ses premiers tours de roues aux États-Unis, où elle est autorisée dans quatre États. Le point sur ce que la généralisation de la voiture autonome pourrait apporter.

• La fin des accidents de circulation

L’erreur humaine est responsable de 93% des accidents de la circulation. La prise en main de la voiture par un logiciel pourrait donc mettre fin à la quasi-totalité des accidents de la route, assure le cabinet d’audit KPMG dans une étude publiée en 2012. Ce qui sauverait plus de 30.000 vies, et ferait économiser 300 milliards de dollars par an, rien qu’aux États-Unis, selon les estimations de l’Americain Automobile Association (AAA).

• La désaturation de l’espace public

Interconnectées, les voitures autonomes seront capables d’adapter leurs parcours en fonction du trafic afin d’éviter la formation de bouchons. Là encore, les économies se chiffreraient en milliards de dollars. Chaque année, les Américains passent 4,8 milliards d’heures dans les bouchons, ce qui représente un coût annuel de 100 milliards de dollars en termes de retard et de carburant. Par ailleurs, la généralisation de cette technologie permettrait de développer le partage des voitures. Lors des pics de trafics, moins de 12% des véhicules personnels circulent sur la route aux États-Unis. Ce qui signifie que 88% du parc automobile est inutilisé, selon KPMG. «Si les voitures étaient utilisées de façon continue, la taille du parc pourrait fortement diminuer», estime Laurent des Places, associé KPMG, responsable du secteur automobile.

• Des véhicules beaucoup plus économes

L’automatisation de la conduite aurait trois conséquences très concrètes en terme de consommation, estime KPMG. Premièrement, la réduction des bouchons permettrait des économies substantielles de carburant. De même, l’automatisation permettrait de limiter les aléas de consommations dus aux habitudes de conduites. La fin des accidents de circulation permettraient également de réduire substantiellement le poids des voitures, désormais débarrassées de leurs renforts en acier pour prévenir des chocs. Plus légères, elles nécessiteront moins de carburant pour avancer.

• Réduction des infrastructures routières

Actuellement, les routes sont conçues pour faire face aux comportements erratiques des automobilistes. Panneaux de circulation, voies extra-larges, glissières de sécurité, radars… Tout cela pourrait disparaître avec les voitures autonomes, dont la conduite sera prévisible et exempte de tout écart, prédit KPMG. Par ailleurs, l’intensité du trafic pourra augmenter de manière exponentielle tout en conservant les infrastructures préexistantes, grâce à l’amélioration des conditions de circulation. Le développement de la circulation en pelotons de véhicules pourrait augmenter la capacité des voies rapides de 500%, avance KPMG, qui cite une étude.

• Les obstacles à la démocratisation de la voiture autonome

Il existe des problèmes à la fois techniques et légaux. «Il manque encore un système pour gérer les situations ambiguës, explique Laurent des Places. Par exemple, lorsque la collision est inévitable, la voiture va-t-elle choisir de heurter le lampadaire ou le piéton?» Ensuite, la technologie reste très chère. «Le consommateur américain serait prêt à payer jusqu’à 3000 dollars pour équiper sa voiture. On est bien loin des 60.000 dollars de surcoûts de la Google Car, même si l’industrialisation réduirait drastiquement ces coûts.» Il faudrait également faire évoluer la législation, notamment en termes d’assurance. Car un accident ne serait plus de la responsabilité du conducteur mais de la voiture, et donc du constructeur. Enfin, l’interconnection des voitures poserait un problème de respect de la vie privée, dans la mesure où les voitures deviendraient capables de produire des données sur les habitudes de leurs propriétaires.

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