Jean-Paul Fritz

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Publié le 18-04-2014 à 10h47Mis à jour à 16h26

La « presque jumelle » de la Terre, la planète Kepler 186f, abrite peut-être la vie. Mais aller vérifier sur place va demander une certaine patience. Voici pourquoi.

Kepler 186-f se situe à 500 années lumières, a une dimension similaire à celle de la Terre et se situe en zone habitable NASA/Ames/JPL-Caltech/T. PyleKepler 186-f se situe à 500 années lumières, a une dimension similaire à celle de la Terre et se situe en zone habitable 

La découverte d’une planète de la taille de la Terre et située en zone habitable autour de son soleil, cela fait rêver. Vous rêvez d’y faire un tour, de refaire votre vie là-bas ? Réfléchissez à deux fois.

Pour être certain que Kepler 186f peut héberger la vie et même pouvoir s’y installer, il faudrait en effet aller vérifier sur place. Mais voilà, ça risque de ne pas être simple.

La planète est en effet située à quelques 500 années-lumière, ce qui est une distance colossale lorsqu’on sait qu’une année-lumière équivaut à pratiquement 9.460 milliards de kilomètres. Pour donner quelques exemples :

  • La sonde Voyager 1, seul engin humain qui ait quitté les limites de notre système solaire, a atteint la vitesse maximale de 62 136 kilomètres/heure. A cette vitesse, il lui faudrait encore… 8,69 millions d’années pour arriver jusqu’à Kepler 186f.
  • L’engin le plus rapide que nous ayons envoyé dans l’espace à ce jour est le satellite Helios 2. Il est propulsé à environ 253 000 kilomètres à l’heure. Il ne lui faudrait donc seulement que 2,13 millions d’années et des poussières pour rejoindre Kepler. Ce qui laisse le temps de revoir plusieurs fois la saga Star Trek.
  • Le satellite Solar Probe Plus, prévu pour un lancement en 2018, va battre des records de vitesse : 720 000 km/h. Même ce petit bijou devrait attendre 750 000 ans avant d’atteindre sa destination.

Bien sûr, on peut anticiper sur des progrès technologiques. Les voiles solaires, les moteurs ioniques… Il paraît plausible que l’on arrive dans les prochaines décennies à trouver des modes de propulsion qui atteignent, voire dépassent légèrement le dixième de la vitesse de la lumière.

Un tel engin devrait tout de même patienter 5.000 ans avant de voir Kepler 186f de près.

Comme le signalait hier Fred Dassert, un lecteur du NouvelObs.com dans les commentaires de notre article, même si les ingénieurs parvenaient à propulser une sonde à « seulement » 1% de la vitesse de la lumière, il faudrait bien… 50.000 ans pour atteindre Kepler 186f. Une éternité.

Le plus rapide serait encore d’envoyer un message, qui pourrait, lui, atteindre la vitesse de la lumière.

S’il y avait quelqu’un sur la planète pour répondre à ce message, il faudrait quand même patienter mille ans pour envoyer et recevoir un petit « coucou », le temps que le signal puisse effectuer l’aller et retour.

Voyager plus vite que la lumière ? Il existe déjà des pistes…

Pour les planètes lointaines, l’espoir c’est donc d’inventer des technologies qui permettraient de voyager plus vite que la lumière. Si celle-ci est considérée comme une limite infranchissable, il y aurait cependant des moyens, pour l’instant tout théoriques, de contourner l’obstacle.

C’est le cas notamment du moteur d’Alcubierre, sur lequel la Nasa se penche très sérieusement… sans que l’on sache encore vraiment si l’impossible est réalisable.

Jean-Paul Fritz

Le blog de Jean-Paul Fritz sur le site du « Nouvel Obs » : Chroniques de l’Espace-Temps

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